Naufrage d'une embarcation de migrants au large de Calais : les dernières infos

25 novembre 2021 à 7h31 par Iban D.

Crédit image: Twitter Gérald Darmanin
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Au moins 27 personnes ont perdu la vie, dont plusieurs femmes et une enfant, d'après le dernier bilan corrigé des autorités.

C'est le drame le plus meurtrier que la Manche ait connu. Ce mercredi 24 novembre, une embarcations de migrants a chaviré au large de Calais. Au moins 27 personnes ont perdu la vie. C'est "le drame que l'on redoutait" écrit en Une ce matin la Voix du Nord. Ce drame provoque une vive émotion partout en France depuis hier.

Retour sur les faits

Il est 14 heures hier après-midi quand un pêcheur donne l'alerte après avoir retrouvé plusieurs corps qui flottent en mer au large de Calais. D'importants moyens de secours sont alors mobilisés. Le bilan commence avec cinq morts avant de s'alourdir jusqu'en fin de soirée. Le dernier bilan fait état de 27 personnes décédées dont plusieurs femmes et une enfant. On compte également deux rescapés qui ont été hospitalisés dans un état critique.

L'embarcation, très fragile, aurait chaviré après avoir été percuté par un cargo.

Le point sur l'enquête

Dans un premier temps, le parquet de Dunkerque a ouvert une enquête pour "aide à l'entrée au séjour irrégulier en bande organisée" et "homicide involontaire aggravé". Devant la gravité des faits, c'est finalement la Juridiction interrégionale spécialisée de Lille qui sera en charge du dossier.

A Calais hier soir, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé l'interpellation de quatre passeurs présumés soupçonnés d'avoir joué un rôle dans cette tentative de traversée de la Manche. Un cinquième passeur présumé a été interpellé dans la nuit. 

Entre émotion et colère, les réactions de la classe politique

"La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière. Tout sera mis en oeuvre pour retrouver et condamner les responsables", a déclaré hier soir le Président Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat réclame le renforcement immédiat des moyens de l'agence Frontex aux frontières extérieures de l'Union européenne et une réunion d’urgence des ministres européens concernés par le défi migratoire.

Déplorant "un drame ignoble", le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a également ciblé la responsabilité des passeurs : "Les premiers responsables de cette ignoble situation sont les passeurs, qui utilisent ces personnes pour traverser la Manche". 

Jean-Claude Leroy, Président du Département du Pas-de-Calais, a lui aussi fait part de son émotion dans un communiqué : "Le drame que nous redoutions tant s’est produit cet après-midi au large de Calais. Un nouveau drame, un drame effroyable. Je suis bouleversé et m’incline à la mémoire des victimes. Mes pensées vont également à leurs familles et à nos sauveteurs. Des solutions doivent être trouvées au plus haut niveau de l’Etat, en France, au Royaume-Uni, avec l’Europe également, pour éviter d’autres hécatombes, d’autres tragédies. Et il est également urgent que des mesures extrêmement sévères soient prises à l’encontre de ceux qui vivent de cet ignoble trafic d’êtres humains".

De l'autre côté de la Manche, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, s'est dit "choqué, révolté et profondément attristé" après ce drame, assurant vouloir "faire plus" avec la France pour décourager les traversées illégales.

Pour l'Auberge des migrants, association qui vient en aide aux exilés, les passeurs ne sont pas les seuls responsables. "La vraie responsabilité repose sur les autorités françaises, qui bloquent la frontière, obligeant, comme à la frontière de la Pologne, les exilés à risquer leur vie pour passer. La société civile doit réagir, en demandant que la France sorte des accords du Touquet, que la Grande-Bretagne ouvre des possibilités d’accès légales à son territoire, que l’Union Européenne mette en place une véritable politique d’accueil, et qu’on ne donne plus la parole à ceux qui attisent les peurs et la colère à propos des réfugiés".

Une réunion d'urgence interministérielle est prévue ce matin à 8h30 à l'initiative du Premier ministre Jean Castex.